La Science Fiction

La Science Fiction
Il est impossible de définir la sf. Allez jeter un coup d'oeil sur wikipédia, vous ne trouverez que de vagues "Tentative de définition du genre" jamais rien de bien concret. La SF vous la sentez, vous la vivez, vous ne la définissez pas. Sinon pourquoi de grands écrivains tels que Zelazny ou Dick, qui ont si bien compris le sens de cette science, en soient incapables? Bien que je sois dans l'incapacité totale de la définir au sens éthymologique du terme, je peux au moins vous dire ce qu'elle n'est pas...

SI on pouvait mettre un terme à tous Ces vieux préjugés qui font passer la sf pour un sous genre de la littérature...

1_ La sf ce n'est surtout pas STARTRECK ou SLIDER, ou encore Stargate (bien que l'idée du trou de ver soit géniale) Ce ne sont que des trames de bases de ce genre, exploitées au maximum dans les années 20 maintenant c'est bon, c'est fini, c'est vu et revu...
2_ La Sf ce n'est pas Star Wars (un de mes films préférés, sûrement plus à cause des souvenirs d'enfances que la consistance du scénario...) La guerre des étoiles est un film de SPACE OPERA et non pas de sf.
3_ Ce n'est pas un genre qui s'éloigne tant que cela de la réalité, quelques détails peuvent dérouter, mais les fils conducteurs restent les mêmes: Amour, Amitié, Haine, Convoitise, Jalousie, Violence. C'est bien connu: le Temps passe, l'être humain ne change pas, alors pourquoi un livre dont l'action se passe 150000 millions d'années plus tard (petite exagération) tuerait la magie, empécherait tout lecteur de s'identifier aux persos? C'est du FLAN! Rien de moins...

Bref, oubliez les idées reçues concernant la Sf: vous allez la redécouvrir, et vous allez apprendre à l'apprécier à sa juste valeur.

# Posté le jeudi 15 juin 2006 12:04

Modifié le jeudi 15 juin 2006 14:41

Philip K DICK

Philip K DICK
Vous pensez ne pas le connaitre? Détrompez vous, ses idées sont partout... Qui, il y'a quelques années de là inventait le concept du vidphone? Un moyen de communication alliant son et image? C'était lui, et cela n'est plus fiction désormais... Blade Runner? Un de ses romans. Un diamand à l'état brut, l'exploration d'un thème si cher à la sf: Faut-il forcement être humain pour être doté d'une conscience? Des personnages torturés aux destins dramatiques: les androïdes, mi humain, mi-machine en proie à une souffrance inconcevable... Paycheck? Encore lui, mais là il faut l'admettre: l'adaptation ne fait pas office d'hommage. Mais quel Merde!(passez moi l'expression) Je crois d'ailleurs que je me suis assez défoulée sur cette adapt avec notre sujet de TPE!(clein d'oeil aux anciens partenaires...) J'oubliais Minority Report avec Tom cruise, scénario assez écorché vers la fin, intrigue transformée en polar des années soixantes mais reste tout de même un bon film qui conserve l'esprit de la nouvelle.

Je commence à penser comme Dick, à être aussi pessimiste et paranoiaque que lui... J'ai lu quelquepart "Dick est une drogue et nous sommes intoxiqués": il n'y à rien de plus vrai...

Malheuresement pour Dick, ou peut être heuresement car comme tout romantique qui se respecte il se complaisait dans la douleur, il n'a jamais été reconnu de son vivant. Il n'a jamais connu la gloire: et d'ailleurs en Amerique il se trouve toujours dans un anonymat le plus complet, les citoyens préfèrent de loin Stephen King... Et voilà que tous les directeurs se battent pour l'adapter sur le grand écran?
Je crois qu'il est prévu pour juin, oui... Ce qui pourrait être une des adaptations les plus pertinentes de Dick au cinema: A Scanner Darkly, basé de son roman Sustance Mort. Comment le résumer simplement? Une bande d'ados qui se déchirent à la substance M juqu'à penser être recouverts d'une espèce très rare de parasites? Jusqu'à voir sa personalité se diviser, son corps abritant ainsi plusieurs "être"...Jusqu'à atteindre la rupture des corps calleux reliant hémisphère D et G.
Je l'ai lu en une semaine, en période de cours. Dans le métro, pendant les interclasses, pendant le sport, sous la pluie. Putain qu'il est géant! C'est des ados comme nous, attirés par tous ce qui est psycotrope. Dick ne les accuse pas, c'est un roman plus autobiographique qu'on ne le croit, il veut montrer. Montrer ce qui arrive à des jeunes qui veulent s'amuser, il le dit: ils ne sont pas coupables, ce sont eux les victimes. Ce qui est génial c'est que tandis qu'on s'accroche au caractère d'un des perso principaux, on le voit progressivement disparaitre au profit d'une des multiples facettes de sa personnalité. Ca se passe sous nos yeux et pourtant on ne voit rien venir...
Bref, ce film en plus d'être une belle adaptation promet d'être une prouesse technologique: du cell shading (Ombrage de celluloïde) de bout en bout. De l'animation subtilement superposée sur le corps de Keanu Reeves (perso principal) par le biais de nombreux capteurs et minies caméras... Screenshots à venir, héhé!

# Posté le jeudi 15 juin 2006 12:36

Modifié le lundi 31 juillet 2006 05:10

A Scanner Darkly_ Keanu Reeves

La première chose qui m'a frappé: Pourquoi ne pas l'appeler par son nom? D'après mon beau père, le nom pouvait être passablement morbide... Imaginez une affiche de cinéma d'un mètre cinquante sur deux avec en caractères gras SUBSTANCE MORT! Venez mes petits, venez....J'y aurais même pas pensé, la base du marketing...


J'avais vu mourrir trop de monde...J'ai écrit ce livre dès que cela a été possible, aussitôt après avoir quitté le milieu de la drogue. La véritable question était : pouvais-je les décrire avant de perdre les modulations de leur voix ? Et je crois y être parvenu. Aujourd'hui, ça me serait impossible. Quand je relis Substance Mort, ils reviennent à la vie sous mes yeux. Je me réjouis d'avoir eu le temps de les évoquer ainsi. Ils sont tous morts à présent.


Mais j'ai pu mettre tout ça par écrit avant que ces souvenirs ne s'estompent. Et beaucoup de gens du milieu de la drogue que j'ai rencontrés et qui avaient lu le livre m'ont dit que c'était le seul roman qu'ils aient trouvé qui évoque aussi bien les drogués. Ils sont assis, et ils parlent, sans cesse, de rien. On peut avancer la bande de quatre heures, et ils discutent toujours du même sujet. Aucun progrès. Ils ne font jamais le moindre progrès.

# Posté le jeudi 15 juin 2006 13:00

Modifié le lundi 25 septembre 2006 15:36

Le guide du routard galactique de Douglas Adams

Le guide du routard galactique de Douglas Adams
A l'origine H2G2 était une série radio dont chaque épisode était pensé, rédigé et interprété par un jeune homme de l'âge de 26 ans diplomé en Littérature Anglaise, Douglas Adams. Vous avez sans doute déjà entendu parler de l'humour Anglais, le non-sens? C'est de celà qu'il s'agit, un humour délirant, un humour de l'absurde (qui transcende de loin les limites du genre) qui peut facilement déclencher un fou rire, si ce n'est au moins un sourire.
Face au succès de ces épisodes diffusés à la radio, les éditeurs saisisent l'occasion, l'oeuvre de Douglas sera vite classé numéro 1 des ventes de bouquins en Grande Bretagne. La trilogie originelle (suivit de deux autres titres) est parsemée de jeux de mots, et on ne peut qu'admirer le talent du traducteur qui a si bien réussit à traduire cette forme d'humour décalé.

==>résumé: Arthur Accroc, citoyen anglais moyen, assiste à la destruction de la Terre par les Vogons afin de créer une voie express hyperspatiale, et est sauvé par son ami Ford Escort, qui est en fait originaire de Bételgeuse, et qui l'emmène avec lui en « astrostop » à travers la galaxie. Les deux amis sont finalement récupérés par le vaisseau C½ur en Or, volé peu de temps auparavant par Zaphod Beeblebrox, président de la galaxie et son assistante Trillian.
Pour se guider, ils ont avec eux un exemplaire du Guide du voyageur galactique, sorte de Guide du routard galactique, célèbre pour sa phrase de couverture : Pas de Panique.
Dans ce roman, on apprend notamment la réponse à la Grande Question sur la Vie, l'Univers et le Reste.


J'ai essayé de relever quelques jeux de mots plutôt marrants (j'en fait un, j'vous laisse les autres):

Sahlu-légat Vogon SThyr (Salut les gars! Vog' On s'tire?)
Mégrathmoilà (planète) et les Mégrathmoileux (habitants)
Compute-Un
Saloprilopette
Sam Ghônfl l'Indéfiniment Prolongé
Libra Menthombe
Bahrjuskomath (planète) et les Bahrjus-Komathains (habitants)


Dans ces livres se mèle anarchiquement tout ce qu'un écrivain n'oserait dire sous peine de paraître ridicule ou de passer pour un timbré, et c'est ce qui fait le charme de cette trilogie. J'ai réussi à me faire stupidement avoir dans le tome trois: un chapitre ou règne l'action, l'héroine s'apprête à invoquer l'esprit d'une planète quand! Celui-ci fait apparaitre un sofa, un sofa qui flotte:

Du moins, s'il n'était pas réel, il les soutenait assurément et puisque c'est là ce que tous les sofas sont censés faire, ceci, pour autant qu'ils sussent, était sans conteste un solide sofa.*
====>*Le lecteur qui n'a vraiment rien d'autre à faire pourra toujours s'amuser à prononcer très vite cette phrase à haute voix.

Bien sur, comme je correspondais tout à fait à là définition je n'ai pas pu m'empècher d'obtempérer. J'dois admettre que ce coup là j'ai pas sentis le jeu de mot, mais j'ai du passer pour une psycopathe dans le métro, niehe...(pardon alex, j't'ai pas payé de droits d'auteur pour celle là :D)

# Posté le jeudi 15 juin 2006 14:10

Modifié le jeudi 15 juin 2006 14:36

Le maître du haut Chateau(P.K.Dick: et oui, encore!)

Le maître du haut Chateau(P.K.Dick: et oui, encore!)
Une uchronie, qu'es-ce que c'est? L'auteur choisit tout simplement un point de l'Histoire existant et en modifie l'issue, il s'agit d'une sorte de détournement historique... Une cassure. Les évènements prennent alors une toute autre forme et l'Histoire en elle-même s'en trouve modifiée. L'écrivain tâche alors d'apréhender les différentes possibilités, il monte de toute pièce un monde nouveau pourtant pas si éloigné du notre. Un simple évènement à l'instant T, si simple qu'il entraine des répercussions irréversibles sur la continuité, qu'il donne naissance à toute nouvelle perception des choses, le principe de l'effet papillon . Il puise sa source dans le raisonnement du métérologue Lorenz, qui s'exclama lors d'une de ses conférences: « Prédictibilité : le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tempête au Texas ? ». Réplique devenue mythique et qui fut d'ailleurs de nombreuses fois utilisée au cinéma histoire d'ajouter un peu de crédibilité au scénario (cf: le film: l'effet papillon).

Le maitre du haut chateau est un très bel exemple d'uchronie, Dick à choisit d'ancrer son récit dans une zone de l'Histoire plutôt sensible et obscure: La Seconde Guerre Mondiale. Et qu'à t-il modifié? Ou s'opère la cassure? Les vainqueurs. Ils sont différents, et c'est le moins que l'on puisse dire. Les Alliés ont capitulés devant les forces de l'Axe: les terres des vaincus sont partagées entre les Allemands et les Japonais, l'Amérique est stigmatisée, segmentée. Dick met en place un futur qui aurait pu éventuellement devenir réel, si tel ou tel combattant n'avait pas fait ceci ou cela, si tel ou tel homme politique n'avait pas prit telle ou telle décision, si le papillon n'avait pas battu des ailes... Il donne vie à ce futur, et je peux vous assurer qu'une fois le livre lu, vous avez réellement l'impression que tout cela s'est produit, loin peut-être... Sur une autre branche du Temps et de l'Espace, mais cela c'est produit il n'y a pas à en douter. Les descriptions que l'auteur fait du nouveau gouvernement, de cette labyrintesque hiérarchie sont si précises... Cette atmosphère étouffante d'oppression vous prend à la gorge...
Cependant, son génie ne s'arrête pas là: il nous offre aussi une mise en abyme plus que magique: Une rumeur étrange circule, un homme vivant dans un Haut Château, un écrivain de science fiction, écrit un ouvrage qui raconte la victoire des Alliés en 1945... Bien évidemment, la dictature s'empresse d'interdire le-dit roman. Son pouvoir est palpable, il arrive à térroriser les dirigeants alors que ceux-ci sont assis bien au chaud derrière leurs bureaux de métal poli.... La population s'interroge, elle est intriguée.
Un autre élèment du roman m'a beaucoup plus: ce concept de l'historicité d'un objet. Historicité uniquement crée par l'inconscient collectif de homme étant donné qu'un objet est là mais ne se souvient pas. Des Japonais débarquent sans cesse en Amérique pour trouver des objets rares, surgissant d'un passé lointain, d'une période ayant marqué l'Histoire. Mais c'est eux qui créent la valeur de l'objet, sans leurs regards passionés l'objet en soi n'existerait pas.


Je conseille vivement ce roman à tous ceux qui ont tendance à être réticents vis à vis de la Sf, il est plutôt facile à lire et il n'est pas peuplé d'astronefs, de tours vari-grave, ou encore de Décap'Net... D'autant plus que l'uchronie est un procédé littéraire de plus en plus apprécié en France...
Ps: Ne vous fiez pas à l'aspect futuristique de la couverture, il n'en est rien.

# Posté le vendredi 16 juin 2006 05:12

Modifié le vendredi 16 juin 2006 08:03